RECHERCHE POLITIQUE
" LA REGION ET LE REFERENDUM DE 1992
SUR LE TRAITE DE MAASTRICHT"
On se rappelle que tout le personnel politique de tous bords, les entrepreneurs (les grands), les élites universitaires et culturelles et autres fonctionnaires nous avaient fait miroiter qu'avec l'application du traité de Maastricht, la Région sortirait gagnante de ces accords.
Ne serait-ce que la monnaie unique pour nous région frontalière s'il en est une: pensez ! quatre voisins européens à portée de bras, la Belgique, L'Allemagne, les Pays-Bas et la Grande Bretagne. De quoi créer un nouveau souffle dans nos échanges commerciaux dans cette Union Européenne.
Au soir du 20 septembre 1992, tous ces personnes politiques, économiques, culturels et sociaux s'en retournaient chez eux avec une joue bien rouge: signe de la claque électorale administrée par les "Gens du Nord". 54,2% des votants pour le Nord et 58,2% des votants du Pas de Calais avaient dit "NON" au traité alors que l'ensemble des votants du pays l'avait, lui, accepté (de justesse certes).
Les analystes, les commentateurs politiques, les "hommes" politiques se sont perdus en conjectures afin d'expliquer ce résultat dans cette ancienne puissance économique régionale. Allez savoir s'il s'agissait: d'un cri de colère face à un texte compliqué, et surtout abstrait, loin des préoccupations quotidiennes des gens, des leurs attentes réelles: d'un appel de détresse d'une région en perdition avec ses 230 000 chômeurs (en augmentation constante à l'époque), ses friches industrielles abandonnées et peu d'espoir que cela s'arrête: ou d'une peur devant un vide, un blanc seing laissé aux fonctionnaires européens, si haut perchés dans leurs coûteuses tours d'ivoire… Allez savoir…
Même si en affinant l'analyse de ces résultats on s'aperçoit que les grandes métropoles régionales Lille-Roubaix-Tourcoing, Douai et Arras ont dit "OUI" au traité: les anciens bassins miniers du Pas de Calais, du Valenciennois, le bassin de la Sambre et les zones rurales ont, eux, fait pencher la balance régionale vers le refus. Ceci est d'ailleurs conforme au déséquilibre économique régionale, à savoir tout pour la métropole lilloise et consoeur, rien pour le reste des deux départements.
A quoi sert d'ergoter sur les infinies rentrées hypothétiques du tunnel sous la Manche, de débattre sur le tracé d'une autoroute, de se focaliser sur un centre culturel trop dispendieux. Aucun thème fédérateur, aucun projet économique ou social d'envergure pour mobiliser la région derrière lui. Voilà sur quoi auraient dû porter les réflexions de ces "messieurs" qui pensent nous gouverner.
De nombreux faits scandaleux, "vaches folles", dioxine, scandale de la Commission européenne, monnaie unique compliquée et peu enthousiasmante, etc… vont venir confirmer l'état d'esprit des électeurs de la Région Nord-Pas de Calais qu'ils étaient dans le vrai. Mais ils ont été les seuls à le voir, et encore de nos jours le même personnel politique de tous bords, les entrepreneurs (les grands), les élites universitaires et culturelles et autres fonctionnaires continuent à s'illusionner sur cette Union Européenne qui n'a réussi, jusqu'à présent, qu'à éliminer son trop plein de bombes.
Sommaire - Actualités - Economie - Légende - Reportage - Découverte - Monuments